Stratégies d’évitement

« Je n’aurai jamais la force de reprendre des études. Est-ce vraiment la peine de continuer à espérer devenir un écrivain ? »

Premier rendez-vous

Sans trop me tromper, je crois que Laurent ne sera jamais le meilleur écrivain de tous les temps. Tout simplement, parce qu’il me semble impossible qu’une telle personne existe. Il y a des milliers de très bons, voire d’excellents écrivains. Seule une poignée d’experts pourra saisir la complexité et la beauté de la syntaxe, l’utilisation appropriée de la grammaire française,…

Cette observation est vraie pour la plupart des secteurs d’activité et je rencontre parfois des personnes qui n’envisagent qu’une seule issue lors de notre premier rendez-vous : devenir les meilleurs du monde dans leur domaine. Cependant, ils rechignent à se lancer parce que cela leur semble inatteignable.

« Vouloir être le meilleur sinon rien ! » n’est en fait qu’une stratégie d’évitement. C’est un excellent alibi pour rester dans un contexte familier même s’il ne convient plus du tout. C’est un alibi que l’on se fabrique inconsciemment le plus souvent. Laurent a horreur du changement : il préfère souffrir dans une situation inconfortable mais connue plutôt que de risquer d’avoir une bonne surprise… Alors, il se raconte des histoires. II se cache derrière l’excuse d’une reprise d’études qui lui semble insurmontable, puis derrière l’absence de moyens financiers.

Second rendez-vous

Laurent avance son grand âge (39 ans !) comme excuse pour ne pas réaliser son rêve… Il est à court d’arguments et sent bien que l’enjeu se situe ailleurs.

Troisième rendez-vous

Être le meilleur écrivain de tous les temps ne veut rien dire. Mais imaginer une histoire, inventer des personnages, servir un propos, transmettre des émotions et ressentir du plaisir dans l’écriture, ça c’est ce dont il a réellement envie. Son style le rendra unique. Peut-être même deviendra-t-il un excellent écrivain mais ce n’est plus sa préoccupation désormais. Tendre vers la meilleure version de lui-même lui semble être la solution évidente.

Et vous, vous racontez-vous aussi des histoires pour ne pas commencer un projet qui vous tient à cœur ?

Vous rêvez d'un changement dans votre vie professionnelle ?
Téléchargez gratuitement l'ebook
"Changer de vie professionnelle en un weekend"
Aucun Commentaire
  • Vincent
    Publié le 18:45h, 22 juin

    Le meilleur sinon rien !
    Refuge peut-etre, mais postulat terriblement flippant !
    Ce n’est un refuge que tant qu’on ne s’est pas lancé, on est d’accord.
    Mais une fois les amarres larguées (non sans mal), je ne suis pas persuadé que le voyage soit serein et, surtout, que le postulat initial ne revienne pas comme une bonne veille rengaine que l’on fredonne sans s’en rendre compte tout de suite.
    Une fois au milieu de la traversée, lorsque la pluie tombe et que le vent souffle, on pense surement au jour du départ, quand il faisait beau et que les amis/proches vous faisaient des signes au bout de la jetée.
    Dur voyage que celui en terre (mer) inconnu(e).
    Pas sûr que tout le monde soit forcément gréé pour l’entreprendre…
    Prétexte de confort ou réalisme prudent ?

  • Christine Degioanni
    Publié le 18:57h, 22 juin

    Le voyage n’est pas toujours serein mais certainement passionnant. Et je suis sûre que l’on entreprend des voyages que l’on sait être à notre portée.

Laisser un commentaire